L'échelle INES, outil de mesure et de communication
Tag(s) : énergie nucléaire, échelle INES, installation nucléaire, risques nucléaires, autorité de sûreté nucléaireMagazine alternatives n° 21, 4e trimestre 2009 Rubrique : Décryptage
L’importance des événements nucléaires et radiologiques pour la sûreté est évaluée au moyen d’une échelle, comme on utilise l’échelle de Richter pour les tremblements de terre. Cette échelle, appelée INES (International Nuclear Event Scale ou échelle internationale des événements nucléaires), comporte sept niveaux de classification. Elle est destinée à apporter une information compréhensible et objective au public.
La description d’un tremblement de terre serait incomplète sans la classification sur l’échelle de Richter. De la même façon, des références précises sont nécessaires dans la communication météorologique. Pour décrire les risques que présente un événement nucléaire, depuis l’écart de fonctionnement jusqu’à la fusion d’un réacteur, il existe une échelle analogue, l’échelle internationale des événements nucléaires, baptisée INES (International Nuclear Event Scale).
Une volonté de cohérence et de transparence
Utilisée depuis 1991, l’échelle INES a été créée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en collaboration avec l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) afin de définir un outil de communication rapide avec le public pour tout ce qui a trait à la sûreté des installations nucléaires. En 2006, elle a été adaptée pour répondre aux besoins croissants de communication sur l’importance de tous les événements liés au transport, à l’entreposage et à l’utilisation de matières radioactives et de sources de rayonnements, qu’ils se produisent ou non dans une installation. L’échelle INES couvre également les utilisations industrielles telles que la radiographie et l’emploi de sources de rayonnements dans les hôpitaux, au travers d’une grille de classement spécifique.
Sept classifications selon trois niveaux d’impact
Les événements sont classés par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur l’échelle selon sept niveaux : les niveaux 1 à 3 correspondent aux incidents, les niveaux 4 à 7 aux accidents. L’échelle est conçue de telle sorte que la gravité d’un événement est presque décuplée à chaque passage au niveau supérieur. Les événements sans importance pour la sûreté sont appelés « écarts » et sont classés en dessous de l’échelle, au niveau 0.
L’application de l’échelle INES aux installations nucléaires de base (INB) se fonde sur trois critères de classement :
1- les conséquences à l’extérieur du site appréciées en termes de rejets radioactifs pouvant toucher le public ;
2- les conséquences à l’intérieur du site pouvant toucher les travailleurs et l’état des installations ;
3- les dégradations des lignes de défense de l’installation constituées des barrières successives interposées entre les produits radioactifs et l’environnement.
Chaque pays est libre de sa communication
Comme le note Rejane Spiegelberg Planer, qui coordonne la notification des incidents à l’AIEA, « chaque pays a ses propres critères de déclaration. Il ne convient pas d’utiliser l’INES pour comparer la performance de sûreté d’installations, d’organismes ou de pays ». Un nombre élevé de déclarations de niveau 0 ou 1 traduit en l’occurrence davantage un souci de transparence qu’un mauvais niveau de sûreté. Rejane Spiegelberg Planer compare l’échelle à un thermomètre dans le bulletin de l’AIEA. Le niveau 0 équivaut au corps humain à sa température normale. Le niveau 1 indique une faible température qui incite à prendre une aspirine, c’est-à-dire à prendre toutes les dispositions pour exploiter cette anomalie afin de prévenir des événements plus graves. « Vous n’allez pas aux urgences si vous pouvez prendre une aspirine, explique-telle. Tandis qu’au niveau 7, vous êtes déjà à l’hôpital… »

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