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Ne faudrait-il pas tenir compte du thorium lorsqu'on évoque l'avenir à moyen ou long terme du nucléaire?

Magazine alternatives n° 20, 2e trimestre 2009 Rubrique : FAQ

Question :

Alternatives n'a pas encore parlé du thorium. Or ce métal est lui aussi, potentiellement, un combustible nucléaire, même si cette voie est seulement en cours d'exploration. L’Inde s’y intéresse déjà. Les réserves de thorium, à ma connaissance, sont plus abondantes que celles de l’uranium. Ne faudrait-il donc pas en tenir compte lorsqu'on évoque l'avenir à moyen ou long terme du nucléaire?

Réponse :

Le thorium est effectivement plus abondant dans la nature que l’uranium. On le trouve notamment sous forme de concentrations de minerais lourds (terres rares) dans des sables côtiers et en particulier  dans un phosphate, la monazite, dont l’Inde recèle 90 % des gisements mondiaux. La totalité du minerai est exploitable dans un réacteur, contre 0,7 % pour l’uranium naturel, et ne nécessite donc pas de coûteuses installations d’enrichissement. De plus, le cycle du combustible produit moins de plutonium et de déchets radioactifs à vie longue. En revanche, sa transmutation en uranium 233 à très haute radioactivité, pour le rendre fissile, crée un risque de prolifération (usage militaire) et le recyclage du combustible n’est pas encore techniquement résolu. Ses qualités font cependant qu’il est largement intégré dans les programmes majeurs des réacteurs du futur (à l’horizon 2040), qui ont notamment pour objectif de minimiser les déchets à vie longue et de recycler leur propre combustible.

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