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Pourquoi le projet Superphénix qui devait utiliser la fusion de l’uranium, abandonné il y a quelques années, renaît-il aujourd'hui de ses cendres sous la forme d’ITER ?

Magazine alternatives n° 11, 1er trimestre 2006 Rubrique : FAQ

Question :

Pourquoi le projet Superphénix qui devait utiliser la fusion de l’uranium, abandonné il y a quelques années, renaît-il aujourd'hui de ses cendres sous la forme d’ITER ? Est-ce le même projet à la base ?

Réponse :

Le programme (et non projet) Superphénix n’avait absolument rien à voir avec la fusion nucléaire sur laquelle est basée ITER. Pour Superphénix, il s’agissait d’un réacteur utilisant un mélange d’oxyde d’uranium et d’oxyde de plutonium. Il est donc question d’un réacteur à fission, à cette différence qu’il s’agissait d’un RNR (réacteur à neutrons rapides), dit "surgénérateur". Dans ces réacteurs, les neutrons n’ont pas besoin d’être ralentis, d’où leur nom. Le fluide caloporteur est soit un métal liquide (souvent le sodium) soit un gaz inerte (l’hélium). Leur combustible contient du plutonium, élément artificiel qui, comme l’uranium 235, a la propriété d’être fissile. Le coeur des réacteurs à neutrons rapides contient également de l’uranium 238 qui, bien que n’étant pas fissile et ne participant donc pas à la réaction en chaîne, présente la propriété de se transformer en plutonium en absorbant un neutron. Aussi, lorsqu’ils fonctionnent en mode surgénérateur, ces réacteurs produisent plus de plutonium qu’ils n’en consomment, multipliant ainsi considérablement la récupération du contenu énergétique des ressources d’uranium. Dans le cas d’ITER, on utilise la fusion qui est un phénomène totalement différent : au lieu de "casser" des atomes lourds (uranium, plutonium) pour obtenir un dégagement d’énergie, on "marie" – par fusion forcée – des noyaux légers de deutérium et de tritium (des isotopes de l’hydrogène) afin d’obtenir un dégagement d’énergie considérablement plus important. Il n’y a donc aucune filiation directe entre Superphénix et ITER.

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