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Qu’est-ce qui, dans les centrales nucléaires, remplacera l’uranium dont les réserves extractibles sont actuellement de 40/50 ans ?

Magazine alternatives n° 6, 3e trimestre 2004 Rubrique : FAQ

Question :

Qu’est-ce qui, dans les centrales nucléaires, remplacera l’uranium dont les réserves extractibles sont actuellement de 40 à 50 ans ?

Réponse :

Les réserves actuelles de minerai d’uranium sont estimées, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et la World nuclear association (WNA), à un peu plus de 2 millions de tonnes pour un coût de production inférieur à 40 dollars par kg d’uranium. Ce qui correspond à 30 années de fonctionnement de réacteurs actuels. Ces ressources sont cependant sous-estimées dans la mesure où il n’existe pas aujourd’hui un effort important de prospection, vu l’importance des stocks disponibles. Pour un coût de production accepté de 130 dollars– ce qui ne serait pas très pénalisant puisque l’uranium ne représente que 5 % du coût de l’électricité nucléaire – les réserves deviennent supérieures à 60 ans. En tant que combustible nucléaire, l’uranium peut se voir substituer d’autres éléments fissiles, comme le plutonium, mais celui-ci n’existe quasiment pas à l’état naturel. Il ne peut provenir que d’un armement nucléaire déclassé ou du traitement des combustibles usés dans les centrales actuelles : sous cette forme, il est déjà utilisé, mélangé à de l’uranium : c’est le "mox", qui permet de consommer moins rapidement les réserves actuelles. Autre possibilité : mieux utiliser l’uranium-238 (dont les noyaux fertiles ne sont que faiblement fissiles) en le bombardant avec des neutrons rapides : c’est le principe des surgénérateurs, dont le développement est pour l’instant figé mais qui permettraient de multiplier par cinquante les réserves de matières fissiles utilisées.

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