La pénurie c'est pour quand ?
Tag(s) : gaz, pétroleMagazine alternatives n° 19, 3e trimestre 2008 Rubrique : Dossier
À consommation constante, on estime aujourd’hui que les réserves sont d’environ quarante ans pour le pétrole et de soixante-cinq ans pour le gaz. Mais, à chaque augmentation d’un point du taux de récupération, on gagne deux années de consommation supplémentaires.
Selon le BP Statistical Review, les réserves prouvées de pétrole s’élèvent à environ 1 390 milliards de barils1, un chiffre à comparer avec la consommation de brut depuis le début de l’aventure pétrolière qui s’est élevée à environ 1 000 milliards de barils. Les estimations de réserves ont sans cesse été repoussées, notamment par la découverte de nouveaux gisements et, plus récemment, par l’exploitation des pétroles de l’extrême. Une autre voie existe: augmenter le taux de récupération des champs existants, ce qui constitue une sorte de « gisement » supplémentaire.
En moyenne, pour un baril ramené à la surface, deux sont laissés dans le sous-sol. La quantité de pétrole récupérée est d’environ 35 %. La valorisation maximale d’un champ suppose des techniques performantes pour les opérations de récupération. Des taux de récupération primaire (remontée d’hydrocarbures après forage sans aucune assistance) de 25 % sont fréquents pour les gisements de pétroles légers. Même à l’état liquide, le pétrole contient du gaz dissolu qui se libère lorsque la pression du gisement est abaissée par les forages ou lorsque le fluide remonte à la surface. Les opérateurs cherchent toujours à régler la pression du réservoir et le débit des puits de façon à extraire simultanément et le plus longtemps possible le pétrole et le gaz dissolu.
Parallèlement, d’importants progrès ont été réalisés dans la récupération secondaire. Cela concerne toutes les solutions, comme l’injection d’eau ou de gaz, qui permettent d’augmenter le taux d’hydrocarbures prélevés dans un réservoir. « Si l’on augmente d’un point le taux de récupération sur l’ensemble des gisements connus, on dispose alors de deux années supplémentaires de consommation mondiale », explique Nathalie Alazard-Toux, Directrice des Études économiques de l’Institut français du pétrole. Une augmentation de 10 % du taux de récupération (ce qui représente une hypothèse très favorable) permettrait de recouvrer environ 600 milliards de barils de réserves mondiales supplémentaires. La récupération tertiaire correspond aux opérations conduites lorsque les gisements arrivent en fin d’exploitation. On injecte alors des polymères, du CO2 qui diminue la visco - sité du pétrole, ou bien encore de la vapeur d’eau. Une autre technique est envisagée : elle consiste à réchauffer la roche en faisant brûler une partie du pétrole dans le gisement lui-même. Ce sont les fractions les plus lourdes du pétrole qui brûlent (5 % à 10 % du brut contenu). La combustion, qui atteint une température de 600°C à 800°C, pousse l’huile vers les puits de production.
1.Y compris sables asphaltiques.

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