Dynamiser la réduction de la pauvreté, un rapport du programme de développement des Nations unies (PNUD) - Novembre 2006
Tag(s) : politique énergétiqueMagazine alternatives n° 13, 1er trimestre 2007 Rubrique : Dossier
Dans quelle mesure les politiques nationales prennent-elles en compte l'énergie comme moyen de réduire la pauvreté ?
Tel est l'objet de cette étude des Nations unies qui analyse la situation de 54 pays regroupés au sein de quatre régions : l'Afrique, l'Asie, l'Europe de l'Est ainsi que la Communauté des États indépendants (CEI) et l'Amérique latine. Dans la plupart des cas, bien que le chauffage et la cuisson de la nourriture soient identifiés comme des besoins cruciaux, les priorités vont nettement à l'électrification. Le plus souvent, les options technologiques envisagées mettent l'accent sur l'hydroélectricité, les centrales thermiques classiques et le réseau de transport de l'électricité. Cela contraste avec le fait que la biomasse traditionnelle est la première source d'énergie dans ces pays. Toujours selon le rapport, le développement des énergies renouvelables, comme le solaire et l'éolien, est actuellement considéré comme d'un intérêt secondaire par les nombreux pays étudiés, même si l'électrification rurale est souvent évoquée comme une priorité.
Le rapport met aussi en évidence que la plupart des pays étudiés fixent des objectifs sans calendrier, ce qui rend délicates l'appréciation et la mise en œuvre de leurs politiques. Dans les pays étudiés, la dépense moyenne annuelle en énergie par habitant est de 9,9 dollars, avec de fortes disparités car elle va de 0,8 dollar en Amérique latine à 28,2 dollars en Europe de l'Est et dans les pays de l'ancien bloc soviétique. Reste que la plupart du temps ces chiffres demeurent faibles au regard des 15,4 dollars par habitant requis pour atteindre les « Objectifs de développement pour le millénaire » adoptés par tous les pays dans le cadre du sommet mondial de l'ONU en 2005 afin de construire un meilleur monde au XXIe siècle.
Les résultats par zone géographique
L'Afrique (30 pays étudiés)
• Bien que la majorité des pays examinés fasse référence à l'énergie – tout particulièrement en ce qui concerne l'impact sur le mode de vie –, les pays étudiés se sont montrés peu efficaces dans leur capacité à lier énergie et stratégies de développement global.
• Les priorités des politiques énergétiques concernent largement l'électrification (extension des réseaux). Dans 23 de ces pays, l'accent est mis sur le développement de centrales fonctionnant à base d'énergies fossiles et d'hydraulique.
• En revanche, rien n'est prévu pour produire de l'énergie efficacement et sur des bases économiques acceptables à partir des sources traditionnelles comme la biomasse. Les activités de survie (cuisson, chauffage, transport) ne sont pas suffisamment prises en compte. Seuls 15 pays se sont fixé des objectifs et des calendriers clairs de politique énergétique.
• La dépense moyenne annuelle en matière d'énergie par habitant était de 6,9 dollars.
L'Asie (9 pays étudiés)
• Ces pays ont attaché plus d'importance aux questions environnementales, comme la déforestation ou l'efficacité énergétique, qu'aux liens entre l'accès à l'énergie et l'éducation.
• Dans les stratégies mises en place pour éliminer la pauvreté, rien n'est prévu pour développer l'utilisation de la biomasse.
• Le développement de technologies décentralisées (solaire, éolien) ne fait l'objet que d'une faible attention.
• La dépense moyenne annuelle en énergie par habitant, de 3,8 dollars, est très loin du minimum de 15,4 dollars requis pour atteindre les « Objectifs de développement pour le millénaire ».
Europe de l'Est et CEI (10 pays étudiés)
• Dans l'ensemble, ces pays ont bien compris comment utiliser l'énergie pour réduire la pauvreté.
• Bien que quelques pays aient mis l'accent sur le caractère crucial de l'électricité, un certain consensus s'est dégagé pour considérer le chauffage comme prioritaire.
• L'ouverture du secteur énergétique au secteur privé est soulignée comme étant l'un des moyens d'accélérer l'accès à l'énergie.
• Dans l'ensemble, ces pays font leur priorité des technologies conventionnelles fondées sur les énergies fossiles et l'hydroélectricité. À l'inverse, les technologies modernes basées sur les énergies renouvelables et la biomasse sont encore peu prises en compte.
• La dépense annuelle moyenne en énergie par habitant s'élève à 28,8 dollars.
Amérique latine (5 pays étudiés)
• L'utilisation de l'énergie pour réduire la pauvreté dans les cinq pays étudiés est à peine meilleure que dans la zone Afrique.
• Beaucoup de discussions ont eu lieu sur les liens entre l'énergie, le développement économique et la réduction de la pauvreté. À l'inverse, le lien entre l'énergie et les questions sociales (santé, éducation…) est peu traité.
• L'électricité figure parmi les priorités clairement affichées. L'accent est mis sur les énergies conventionnelles et les centrales hydroélectriques.
• Moins de la moitié de ces pays ont affecté des ressources budgétaires claires à l'énergie.
• Avec une dépense annuelle par habitant de 0,8 dollar, la dépense en énergie en Amérique latine est la plus faible de toutes les régions étudiées.
* Energizing Poverty Reduction, UNDP, nov. 2006.

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