Tenir compte de l'opinion publique : avis d'expert
Magazine alternatives n° 6, 3e trimestre 2004 Rubrique : Dossier
L'acceptation par le public constitue, dans tous les pays, le principal défi, notamment quand on évoque un stockage souterrain. Le Canada n'échappe pas à cette situation et, bien qu'il n'ait encore rien arrêté sur ce point, il ne néglige pas l'importance d'une concertation.
Dr. Peter Brown
Directeur de la Division de l'uranium et des déchets radioactifs, ministère des Ressources naturelles du Canada.
Alternatives : Quelle a été l'approche du Canada vis-à-vis du défi des déchets radioactifs ?
Dr. Peter Brown : Au Canada, tous les déchets radioactifs, qu'ils soient de faible ou de haute activité, sont actuellement en stockage provisoire, c'est-à-dire entreposés. Les choses ont commencé à bouger en mars 2001 pour les déchets radioactifs de faible activité antérieurs à la réglementation. Le gouvernement canadien et les municipalités de la région de Port Hope (Ontario), où se trouve la quasi-totalité de ces déchets, sont tombés d'accord pour le nettoyage du site et la gestion dans la durée des déchets radioactifs entreposés là. Cette décision permettra de réaliser un premier stockage à long terme, sûr, en surface, dans de nouveaux tumulus installés dans la région de Port Hope. Ce programme de 260 millions de dollars canadiens s'étalera au total sur 11 ans.
Qui sont les acteurs chargés de mener à bien la politique canadienne en ce domaine ?
Le stockage nucléaire est strictement réglementé par la Commission canadienne de sûreté nucléaire. C'est le personnel de la Commission qui examine les travaux actuellement en cours afin de développer et mettre en œuvre des solutions à long terme pour la gestion de ces déchets. Les politiques canadiennes sur la gestion des déchets radioactifs sont élaborées par le ministère des Ressources naturelles du Canada (RNCan). À ce titre, RNCan a été l'artisan de la loi sur les déchets de combustible nucléaire, qui fournit un cadre législatif afin d'aboutir à une solution à long terme. Enfin, depuis le 15 novembre 2002, les opérateurs nucléaires ont créé la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN), qui a pour mandat de proposer au gouvernement différentes approches pour cette gestion à long terme des déchets nucléaires. La SGDN est tenue d'inclure des approches basées à la fois sur le stockage permanent et l'entreposage, mais aussi de consulter l'opinion publique, en particulier la population amérindienne. Après cela seulement sera mise en œuvre la solution préconisée par le gouvernement.

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